Bienvenue à l’assistant(e) en soins infirmiers ! Comment l’intégrer correctement à votre pratique sur le plan administratif

Nous accueillons avec beaucoup d’enthousiasme les premiers assistants et assistantes en soins infirmiers dans notre secteur. C’est une étape importante pour les soins infirmiers à domicile. Nous les recevons à bras ouverts et espérons qu’ils trouveront pleinement leur place dans nos équipes, avec engagement, professionnalisme et fierté du métier.

Comme pour tout changement, chacun devra sans doute prendre un peu ses repères. Qui peut faire quoi ? Quelles démarches administratives doivent être en ordre ? Comment organiser la facturation ? Et qu’est-ce que cela implique concrètement pour votre pratique ?

Afin de faciliter au maximum ce démarrage, nous reprenons pour vous les principaux points d’attention administratifs. Vous pourrez ainsi accueillir l’assistant(e) en soins infirmiers dans votre équipe, non seulement chaleureusement, mais aussi correctement.

1. Visa et numéro INAMI

La procédure relative au visa est lancée par l’établissement scolaire où l’assistant(e) en soins infirmiers achève sa formation. Dès que le visa est en ordre, la demande du numéro INAMI peut être introduite.

Pour les assistants et assistantes en soins infirmiers, un document de demande spécifique sera prévu par l’INAMI. La procédure s’inscrit dans la logique de celle déjà en vigueur pour les infirmiers et infirmières, mais elle se fera au moyen d’un formulaire propre à cette nouvelle fonction.

La structure du numéro INAMI est la suivante :

• le numéro commence par un code à six chiffres, à partir de 100001 ;
• il est suivi de deux chiffres de contrôle ;
• le code de compétence se compose de trois chiffres et est fixé à 001 ;
• en arrière-plan, le code 42 est ajouté comme attribut afin d’indiquer qu’il s’agit d’un(e) assistant(e) en soins infirmiers.

Pour la pratique, cela signifie surtout une chose : introduire la demande à temps dès que le visa est disponible, et vérifier attentivement que le bon statut et les bonnes données sont bien enregistrés.

2. Travailler au sein d’une équipe de soins 

Un(e) assistant(e) en soins infirmiers ne peut pas exercer seul(e) comme indépendant(e). Il ou elle doit travailler au sein d’une équipe de soins. En soins infirmiers à domicile, cela signifie que l’équipe doit comprendre au minimum deux infirmiers ou infirmières responsables en soins généraux, en abrégé IRSG.

Si vous souhaitez intégrer un(e) assistant(e) en soins infirmiers dans votre pratique, il faut donc également tenir compte de l’organisation administrative de l’équipe. En pratique, cela signifie qu’un numéro de groupe auprès de l’INAMI est nécessaire.

Ce numéro de groupe a des conséquences sur le mode de fonctionnement. La facturation ne se fait alors plus de manière individuelle, mais via le numéro de groupe et via un numéro de compte lié à la pratique ou au groupement.

Si vous travaillez avec un numéro de groupe, vous travaillez également dans le cadre du régime du tiers payant. Cela signifie que chaque membre de l’équipe doit être conventionné. Lors de la demande ou de l’affiliation, cela doit être indiqué correctement.

C’est un point important. Il ne s’agit pas simplement « d’ajouter quelqu’un à l’équipe », mais bien de prévoir une structure administrative correcte dans laquelle cette personne peut travailler et attester ses prestations.

3. Équipe structurelle avec aides-soignants

Votre pratique collabore-t-elle aussi avec des aides-soignants ? Dans ce cas, il faut tenir compte des conditions applicables à une équipe structurelle.

Une équipe structurelle doit en effet répondre à plusieurs conditions spécifiques Conditions de collaboration avec les aides-soignants (équipe structurelle) | ConnectGroep. Jusqu’à présent, l’une de ces conditions était la présence d’au moins trois infirmiers ou infirmières. À partir du 1er juillet, cette composition pourra également comprendre au minimum deux IRSG et un(e) assistant(e) en soins infirmiers.

C’est une bonne nouvelle pour les pratiques qui travaillent déjà avec des aides-soignants ou qui souhaitent le faire à l’avenir. L’assistant(e) en soins infirmiers peut donc également trouver sa place dans cette structure.

Attention toutefois : les autres conditions applicables à une équipe structurelle restent inchangées. Il reste donc important d’organiser correctement vos accords internes, la répartition des tâches, les responsabilités et le suivi administratif.

Pour en savoir plus, vous pouvez toujours vous référer à l’article déjà publié par ConnectGroep sur les conditions de collaboration avec les aides-soignants.

4. Vérifiez la composition de votre équipe dans ProSanté

Comme un(e) assistant(e) en soins infirmiers ne peut travailler qu’au sein d’une équipe correctement composée, il est essentiel que la composition de votre équipe soit correctement enregistrée dans ProSanté.

Vérifiez donc à temps :

• si tous les membres de l’équipe sont correctement repris ;
• si le numéro de groupe est correctement lié ;
• si les données de la pratique sont à jour ;
• si le conventionnement des membres de l’équipe est correctement enregistré.

Même si vous ne travaillez pas avec des assistants et assistantes en soins infirmiers, une composition d’équipe correcte reste importante. Mais dès que vous souhaitez en intégrer un(e), cela devient encore plus crucial sur le plan administratif.

Une erreur ou un enregistrement incomplet peut ensuite entraîner des problèmes de facturation, de suivi ou de contrôle.

5. Primes

Les assistants et assistantes en soins infirmiers relèvent de la réglementation relative à la profession infirmière. Ils ont donc, en principe, droit aux mêmes primes qu’un(e) IRSG, pour autant qu’ils remplissent les conditions en vigueur.

À ce niveau, aucune distinction n’est donc faite sur la seule base du titre d’assistant(e) en soins infirmiers. L’octroi concret reste évidemment soumis aux conditions propres à chaque prime.

6. Plans de soins infirmiers standardisés : rendez-les réellement utilisables

Un(e) assistant(e) en soins infirmiers peut initier de nouveaux soins et agir sur la base d’un plan de soins infirmiers standardisé. Cela rend ces plans particulièrement importants dans les pratiques qui travaillent avec cette nouvelle fonction.

Veillez donc à ce que votre pratique dispose de plans de soins infirmiers standardisés clairs, utilisables et faciles à reconnaître. Pas uniquement comme une formalité sur papier, mais comme un véritable appui dans les soins au quotidien.

Pensez par exemple à des plans standardisés pour des soins fréquents tels que les soins de plaies, l’administration de médicaments, les soins d’hygiène ou le suivi de patients chroniques. Un bon plan de soins aide l’assistant(e) en soins infirmiers à agir correctement, tout en soutenant aussi l’IRSG dans son rôle de coordination.

Chez ConnectGroep, nous veillons à mettre à disposition, dans « Mon dossier », une base solide de plans de soins infirmiers standardisés. Les assistants et assistantes en soins infirmiers pourront ainsi initier les soins de manière sûre et praticable, avec des lignes directrices claires sur lesquelles s’appuyer. Dans une phase ultérieure, ces plans de soins standardisés seront également disponibles dans notre logiciel EasyNurse.

7. Demandes et notifications : l’IRSG reste à la barre

Pour certaines demandes et notifications, des limitations s’appliquent à l’assistant(e) en soins infirmiers.

Les demandes liées à l’échelle de KATZ, au forfait palliatif et les notifications pour certaines prestations techniques spécifiques doivent être effectuées par l’IRSG.

C’est logique dans le cadre de la répartition des tâches. L’assistant(e) en soins infirmiers occupe une place importante au sein de l’équipe, mais l’IRSG conserve une responsabilité claire de coordination. C’est lui ou elle qui garde la vue d’ensemble, assure l’évaluation des besoins, la continuité des soins et la justesse administrative.

Ou, plus simplement : l’assistant(e) en soins infirmiers devient un collègue à part entière dans l’équipe de soins, mais l’IRSG reste le capitaine du navire.

En conclusion : un accueil chaleureux, mais une préparation rigoureuse

L’arrivée de l’assistant(e) en soins infirmiers constitue une évolution importante pour notre secteur. Elle offre des opportunités en matière de collaboration, de répartition des tâches et de renforcement des soins infirmiers à domicile. En même temps, ce changement demande des accords clairs et une administration correcte.

Un bon démarrage ne commence donc pas uniquement par un accueil chaleureux, mais aussi par une préparation adéquate :

• veillez à ce que le visa et le numéro INAMI soient en ordre ;
• demandez votre numéro de groupe à temps ;
• vérifiez la composition de votre équipe dans ProSanté ;
• fixez des accords clairs sur la répartition des tâches ;
• prévoyez suffisamment de plans de soins infirmiers standardisés ;
• veillez à préserver le rôle de l’IRSG dans les demandes et notifications.

De cette manière, cette nouvelle fonction ne deviendra pas une charge administrative supplémentaire, mais bien un renfort concret et utilisable pour la pratique.

En tant qu’association professionnelle, nous continuerons à suivre cette évolution de près. Nous traduisons les règles en informations utiles pour le terrain, afin que vous sachiez, en tant qu’infirmier ou infirmière à domicile indépendant(e), à quoi vous en tenir et que vous puissiez développer votre équipe en toute confiance.

Vous trouverez plus d’informations sur la page web suivante de l’INAMI: Assistants en soins infirmiers | INAMI