L’agression ne fait pas partie du métier: une avancée importante pour les infirmiers à domicile
En tant qu’infirmier ou infirmière à domicile, vous travaillez souvent seul(e). Vous entrez dans le quotidien des patients, vous créez une relation de confiance et vous exercez votre métier dans des situations que vous ne maîtrisez pas toujours.
C’est précisément pour cette raison que l’agression peut être particulièrement difficile à vivre. Une réaction verbale brusque, des tensions au sein d’une famille, une situation qui bascule soudainement… ce sont des expériences que beaucoup de collègues reconnaissent, mais dont on parle encore trop peu.
Et peut-être le plus difficile: vous signalez l’incident, mais il se passe peu de choses ensuite.
Cela pourrait être en train de changer.
Une proposition de loi qui envoie un signal clair
Une proposition de loi récente vise à ce que les violences envers les professionnels de santé soient, en principe, systématiquement poursuivies. Aujourd’hui, de nombreux dossiers sont encore classés sans suite, surtout en l’absence de lésions physiques.
Cette proposition entend changer cela: la violence, les menaces ou les comportements agressifs envers les soignants ne devraient plus rester sans conséquence, même lors d’un premier incident.
C’est plus qu’une évolution juridique. C’est un signal clair: l’agression ne fait pas partie du métier.
Pourquoi c’est si important
Les agressions envers les professionnels de santé sont en augmentation depuis plusieurs années. Dans le même temps, une grande partie des incidents restent invisibles.
Non pas parce qu’ils n’existent pas, mais parce que beaucoup de soignants ont le sentiment que signaler ne change rien.
Cette réalité commence à évoluer. Lorsque les signalements sont effectivement suivis, cela entraîne un changement fondamental :
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pour les patients et leur entourage: les comportements ont des conséquences
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pour les soignants: vous n’êtes pas seuls
Et ce dernier point est sans doute le plus important.
Qu’est-ce que cela change concrètement dans votre pratique?
En tant qu’infirmier ou infirmière à domicile, vous êtes juridiquement mieux protégé(e). Mais en parallèle, quelque chose que vous faisiez peut-être déjà prend davantage de poids : signaler et documenter fait la différence.
Ce qui n’est pas consigné reste invisible.
Ce qui est documenté peut être suivi.
Dans la réalité, vous restez bien sûr la personne présente sur le terrain, souvent seule, dans l’instant.
Et c’est aussi là que réside votre force.
La plupart des situations ne surgissent pas sans signes préalables. Les tensions sont souvent perceptibles avant qu’elles n’escaladent. En restant calme, en communiquant clairement et en posant des limites, il est souvent possible de désamorcer certaines situations, sans confrontation inutile.
Et parfois, cela ne suffit pas.
Dans ce cas, il est tout aussi important de savoir que vous pouvez interrompre la situation, prendre de la distance et signaler ensuite ce qui s’est passé.
Vous n’êtes pas seuls
Cette proposition de loi marque avant tout un changement de regard sur l’agression.
Là où elle était parfois minimisée ou considérée comme « faisant partie du travail », il est désormais de plus en plus admis que ce n’est pas normal et que cela ne doit pas le devenir.
Des initiatives se développent également vers une politique de tolérance zéro et un meilleur soutien aux soignants.
Cela signifie:
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davantage de reconnaissance de ce que vous vivez
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une attention accrue à votre sécurité
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et, espérons-le, un meilleur suivi des signalements
En conclusion
L’agression ne disparaîtra jamais totalement du secteur des soins. Mais la manière dont nous y répondons est en train d’évoluer.
En tant qu’infirmier ou infirmière à domicile, vous êtes souvent seul(e) sur le moment. Mais le signal devient plus clair: l’agression n’est plus considérée comme faisant partie du métier, y compris sur le plan légal.
Cela ne change peut-être pas immédiatement la réalité du terrain. Mais cela contribue à ce que ce que vous vivez soit de plus en plus reconnu, pris au sérieux et suivi d’effets.
Et c’est une avancée importante.